Evolution de la musique burkinabè mythe ou réalité ?
Quel est votre avis sur la musique burkinabè de façon générale ?
Selon l’Adjuvant chef KINDA, musicien de l’armée : « La musique Burkinabè n’évolue pas. Parce que nos artistes se laissent produire par des musiciens de nationalités étrangères comme les musiciens congolais, ivoiriens etc. Du coup, nos artistes se laissent brader par les cultures ivoiriennes et congolaises. En plus, nos artistes font de la musique juste un passe-temps. En effet, nos artistes ne possédant pas des connaissances théoriques, ne jouant pas à aucun instrument de musique, débarquent dans un studio, un rythme lui proposé par l’arrangeur puis ces derniers chantent sans pour autant faire la différence entre les rythmes du terroir burkinabè à la Rumba et au coupé-décalé. Alors, nos artistes chantent en faisant usage des rythmes étrangers tout en valorisant la culture d’autrui au détriment de la nôtre du fait de leur carence intellectuelle en musique. Cette carence entrave l’implication entière de nos artistes dans la production de leur musique. Ce qui confère en ce moment la totale liberté à l’arrangeur d’arranger le son comme bon lui semble et de passer le message qu’il veut faire passer. Cette manière de faire constitue un blocus pour la mise en compétition des œuvres artistiques de nos artistes sur le plan international. »
En sus, il a déclaré que : « l’utilisation des rythmes des instruments classiques burkinabè ainsi que leur apprentissage sont de plus en plus écartés par la majorité de nos artistes musiciens. En effet, ils préfèrent les rythmes proposés par les ordinateurs qui proviennent de la culture du colon que celles de la culture Burkinabè. » Pour lui, les artistes dévalorisent les rythmes de notre culture au profit de ceux étrangers. Ce qui lui permet d’affirmer que la musique burkinabè est toujours en bas de l’échelle.
Quelles sont vos impressions sur les différentes prestations live des artistes musiciens au Burkina Faso ?
« De façon générale, les artistes n’ont pas assez de présence scénique. En effet, ayant été imposé à un rythme par leur arrangeur qui n’est pas les leur, nos artistes musiciens ont souvent du mal à s’approprier du rythme afin de faire une prestation hors pair sur les différentes scènes. Ce qui laisse transparaître un manque d’éducation musicale » a-t-il déclaré. Notre musicien pour sa part, apprécie négativement les prestations live des artistes burkinabè.
Que proposez-vous comme solutions pour une émergence considérable de la musique burkinabè ?
L’Adjuvent chef KINDA a suggéré pour une émergence considérable de la musique burkinabè que : « Le gouvernement doit réinsérer la musique comme une matière récréative. En effet, cette matière ne fera pas partie du programme des examens mais les écoles peuvent trouver du temps comme pendant les heures creuses et programmer des cours de musique afin d’inculquer à la nouvelle génération des connaissances en musique. Car c’est cette stratégie qui a permis à bon nombre de Congolais, des Centrafricains d’être de bon musiciens. »
Pour finir, il a mentionné que : « Les artistes doivent se faire former à la théorie de la musique. En effet, dans le but de permettre aux populations de se former dans la musique et apprendre à chanter ». dans des orchestres, que l’Etat a mis en place l’INAFAC. Alors tout artiste musicien doit aller se faire former avant de se lancer dans la musique.
Didier MINOUNGOU
